samedi, 11 février 2012|
 

Elections Présidentielles en Iran. L’heure de vérité pour Ahmadinejad

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L’heure de vérité pour Ahmadinejad

Les élections en Iran ont pris la tournure d’un match de football avec des supporters de chaque camp exaltés et engagés. D’un côté, Ahmadinejad, le candidat des pauvres, des zones rurales soutenus par les conservateurs religieux partisans de la ligne dure à l’encontre d’Israël. De l’autre, Hussein Moussavi, qualifié de modéré, candidat des jeunes, des femmes et des hauts diplômés.

 Le profil électoral est à l’avantage du challenger Moussavi.

L’électorat est en faveur du challenger Moussavi. Les jeunes représentent 60% de la population Iranienne. Parmi ces jeunes, 30 % ont moins de 30 ans. Ces jeunes veulent plus de libertés et du travail. Ce sont là les deux échecs du Président sortant accusé de brider la liberté d’expression et d’incapacité à résoudre le problème du chômage qui frappe les jeunes.

Les femmes représentent la moitié des 46 millions des électeurs Iraniens. Les femmes Iraniennes ont la particularité d’être les plus éduquées du Moyen-Orient. Le taux d’éducation des femmes est de 77 %. 60 % des femmes ont un niveau du supérieur.

Malgré un bilan en demi-teinte, le Président sortant, Ahmadinejad, est soutenu par ceux qui exercent véritablement le pouvoir en Iran : le pouvoir religieux.

Reste l’inconnue Obama qui pourrait indirectement influencer les élections, par la nouvelle approche de la diplomatie des Etats-Unis vis-à-vis du Monde musulman qui bouscule un tantinet la ligne dure des relations avec Israël. Barack Obama a tendu la main à Ahmadinejad. A cette main tendue, l’Iran a répondu par un "on jugera aux actes". De plus, l’Iran "continue" son programme nucléaire alors qu’il a signé le traité de non-prolifération des armes nucléaires par lequel il s’est engagé à ne pas posséder l’arme nucléaire.

 Ahmadinejad bénéficie du soutien des religieux

Au-delà du débat sur la légitimité de qui devrait posséder la bombe et qui ne devrait pas, sur laquelle Barack Obama a répondu au Caire en disant qu’il est pour un monde sans nucléaire, l’Iran d’Ahmadinejad apparaît comme un pays qui a les yeux rivés sur le passé. Lire Barack Obama souhaite "un monde dénucléarisé"

Tout ou presque oppose les deux camps. Du côté du challenger, Hussein Moussavi, les supporters en vert se disent modérés, ouverts sur le monde de demain, prêts à devenir amis des Etats-Unis [l’Ayattolah Khomeiny, le père de la Révolution Islamique de 1979 doit se retourner dans sa tombe]. Ils sont jeunes ou femmes, plutôt éduqués, urbains. Avec le vert de l’espoir, ils pensent certainement qu’ils peuvent changer les choses. Yes we can est passé par là.

Du côté du Président sortant, ce sont les pauvres, les ruraux, les religieux et ce qu’on appelle les conservateurs. Le pouvoir théocratique qui détient le véritable pouvoir en Iran n’est pas négligeable. Alors, on attend les résultats ce week-end avec impatience.

Question sur le leadership. Quel sera le véritable pouvoir du Président Hussein Moussavi face au pouvoir religieux, si celui-ci était élu ? Quelles seraient ses marges de manœuvre ? Pourra-t-il gouverner contre la théocratie ?


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