vendredi, 24 février 2012|

4 visiteurs en ce moment

 

Hervé Morin. Le candidat Hors Système et les pionniers d’un nouveau balancier politique.

On connaît l’expression anti-Système, mais que faut-il entendre par hors-système ? Le candidat anti-système est dans le rejet du Système alors que celui qui se pose hors-système propose quelque chose de nouveau, quelque chose d’autre ; ce quelque chose de différent, Hervé Morin l’a baptisé : "les idées neuves pour changer la France". Pourtant, le candidat Morin est confronté à l’abandon de tous les cadres du parti du navire "Nouveau Centre", qui n’a pas encore eu le temps de marquer son empreinte dans l’espace public, en raison de la jeunesse du parti, créé en 2007, à la suite de la scission de l’UDF.

Ironie du sort, les membres actuels du NC qui avaient choisi le camp de Nicolas Sarkozy en 2007, laissent tomber leur Président Morin aujourd’hui pour rallier soit François Bayrou, soit Nicolas Sarkozy. Soit on dit "Qui tue par l’épée périra par l’épée" ; soit on dit "le Système finit par tout ramener à lui". Tôt ou tard. Hervé Morin ne peut donc que constater, ahuri, les dégâts.

Dans son discours des voeux à la presse de mercredi dernier (18 Janvier), la traduction de cet ahurissement donne ceci. Extrait.

"Je sais, certains dans mon parti auraient voulu que je m’abstienne. Ceux-là, comme les chauves-souris, ils n’aiment pas trop la lumière et l’air du dehors.

- Ils préfèrent les tractations secrètes, les conciliabules et les discussions derrières des portes.

- Ils aiment leur parti mais pas autant que leurs circonscriptions.

- Ils aiment les militants mais pas autant que leur conseil général.

- Ils aiment les idées mais pas autant que leur portefeuille ministériel.

Ce qu’ils font, ce n’est pas ma conception de la politique. Moi la politique je la fais à ciel ouvert, je la fais au vu et au su des Français, je la fais dans la vérité et la transparence".

Je sais bien que c’est la période des soldes mais moi je n’ai aucune envie de solder notre parti, ses élus, ses militants et ses valeurs. Certains, chez nous, ont commencé à le faire, l’un au Président de la République, l’autre à François Bayrou, c’est dire la cohérence de leurs critiques à mon égard et leur confiance dans notre parti".

 La transparence en politique, autrement dit la vérité, tel est le crédo du candidat Morin. Et pourtant ?

Faut-il être installé dans le Système pour se présenter à la candidature ? Faut-il l’être pour espérer l’emporter ? A la première question, la réponse est Non, bien entendu. A la seconde, la réponse est peut-être bien que Oui, car le peuple est définitivement conditionné par le Système qu’il critique mais auquel il est aliéné, puisqu’il y participe de gré ou de force. Pourtant, malgré cela, Hervé Morin fait campagne tambour battant et il le fait de manière très professionnelle. Là-dessus, son site est probablement l’un des plus complets et les plus attrayants des sites de campagne et d’ergonomie avec ce plus que le site est d’une transparence clinique. A l’image du candidat.

Transparence et vérités donc. Extraits de son discours des voeux à la presse du 18 Janvier dernier :

Premièrement. Sa vérité sur la perte du triple A

"Oui, je dis qu’il y a co-responsabilité et co-complicité de toutes celles et tous ceux qui ont exercé le pouvoir exécutif et législatif depuis 30 ans, qu’ils s’appellent Mitterrand ou Chirac, Hollande ou Sarkozy, Aubry ou Fillon, Mélenchon ou Bayrou, ceux qui assument leur passé ministériel et ceux qui tentent de le faire oublier pour s’ériger comme les candidats antisystème .

Puisqu’il n’y a pas d’innocents, est-ce bien utile d’instruire le procès des trente dernières années ? D’autant qu’on trouvera certes des légèretés, des insuffisances, des décisions lourdes de conséquences sur notre dette mais on trouvera aussi de vraies réussites, des mutations courageuses, des réformes utiles. A gauche comme à droite".

Deuxièmement. Sur le sort réservé aux petits candidats.

"La campagne est dure. Ce qui arrive, j’en étais prévenu et je vous avais prévenus. Je savais que rien ne me serait épargné. Les pressions de l’Elysée sur tous nos élus, le mépris des grands éditorialistes pour les petits candidats et leurs révérences pour les puissants, oui tout cela je le savais. Le confort, c’était de s’abstenir. Le devoir, c’était de se présenter.

Le paysage politique est à l’image de notre société. Incertain, mouvant, impitoyable avec les faibles, en permanence dans le rapport de forces. Que se passera-t-il au lendemain du second tour ? Qu’arrivera-t-il à l’UMP si Nicolas Sarkozy échoue ? Qu’arrivera-t-il au centre si François Bayrou rallie François Hollande ? Quelle sera la stratégie du Front National s’il n’obtient ni second tour ni députés en juin 2012 ?

Je n’ai pas la réponse à ces questions mais je sais qu’elles se poseront. Inéluctablement. Et je sais que nous devrons être présents et surtout solides quand les vagues déferlent sur les rivages".

Troisièmement. De la difficulté d’être un candidat Hors-Système.

"Alors oui, il y a quelques semaines, j’ai décidé d’être un de ces candidats à la reprise de la maison France. Je savais bien que ce serait difficile.

Et je vais vous dire, quelles que soient les difficultés, les coups de couteau permanent, l’absence de solidarité et de solidité, je ne le regrette pas une seule seconde.

Bien sûr on doit supporter toutes ces petites trahisons quotidiennes, bien sûr on doit subir le mépris et l’arrogance de ceux qui ne savent flatter que les puissants, mais tout cela n’est rien à côté de ce qu’une campagne apporte en positif. Les déplacements aux quatre coins de la France".

 Les failles du Système des partis politiques

Cette troisième difficulté appelle cette question existentielle : Quelles sont les chances d’un candidat Hors-Système aujourd’hui ? Bien qu’on ne puisse pas y répondre avec certitude - par avance - avant le premier tour des élections, on y voit la confirmation de ce qu’un Coluche avait préfiguré - voulant se présenter aux élections présidentielles - et que Eric Cantona remet aujourd’hui au goût du jour à savoir que le Système a ses failles - comme tout Système d’ailleurs, même le plus verouillé. La première est la popularité des stars et autres célébrités qui explique aujourd’hui qu’on parle de Youssou N’dour comme candidat potentiel au Sénégal, qu’un George Weah ait été candidat à deux reprises au même poste suprême au Libéria ou qu’en Haïti, le chanteur populaire a été élu Président et qu’Eric Cantona se tâte.

Ce sont les impensés de la société du spectacle où les vedettes du cinéma, du sport, de la mode côtoient et tutoient les artistes, les politiques, les écrivains dans les médias, les salles de remise en forme, les salons de beauté, les défilés de modes, les palaces, les palais présidentiels - les uns se mariant avec les autres -. Postés au milieu de tous ces cercles, les journalistes et les médias. C’est la première faille du Système.

L’autre faille ce sont les milieux de la finance. De plus en plus puissants, les prochains présidents seront peut-être de puissants financiers, industriels, propriétaires des médias et philanthropes. La conjonction devrait être imbattable.

Les candidats comme Hervé Morin représente l’autre faille qu’on qualifiera de faille cyclique. Ces candidats dits petits plantent les germes d’un futur et sont annonciateurs d’un changement de régime. D’une certaine manière, qu’il gagne ou non, s’il va jusqu’au bout, Hervé Morin aura déjà gagné cela : être pionnier d’un nouveau balancier politique.

"Je suis heureux de vous retrouver tous ici pour cette cérémonie des voeux. A toutes et à tous, je souhaite une très heureuse année 2012". Ce sont les mots d’Hervé Morin par lesquels il a commencé son discours des voeux à la presse, mercredi 18 Janvier. Pavillon Vendôme. Paris.

 


Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

[Connexion] [s'inscrire] [mot de passe oublié ?]

 
A propos de Scène Publique Internationale
Sans réagir sur le fond des motifs du mandat d’arrêt international du Président Soudanais : crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’Union Africaine a pourtant manifesté son extrême prudence pour cette condamnation d’un de ses membres. Raison avancée : la sécurité et la paix doivent primées sur la (...)
En savoir plus »
Thèmes