samedi, 11 février 2012|
 

Iran. On va recompter les votes.

Les nouvelles se suivent et n’ont plus aucune cohérence. Vendredi, les élections. Samedi, on annonce la victoire d’Ahmadinejad immédiatement contestée par son rival Mir Hossein Moussavi. Contestation suivie des manifestations de ses supporters dans les rues de Téhéran. Le même dimanche, Ahmadinejad prononce un discours devant ses supporters, venus eux-aussi en masse.

Dimanche et Lundi, les électeurs de Moussavi redescendent dans la rue. Certains cassent. Le candidat Moussavi que certaines rumeurs disaient aux arrêts, en raison de son silence, fait une apparition triomphante dans la manifestation et annonce que "vous ne combattez pas pour briser les vitres, mais pour briser la tyrannie". La confrontation avec les forces de police et les électeurs du Président Ahmadinejad se solde par 8 morts, hier soir.

Puis, c’est le Conseil National de Sécurité, par la voie de l’Ayatollah Khamenei qui confirme l’élection d’Amadinejad et le soutien du Conseil. Mais, les manifestations continuent alors qu’Ahmadinejad est à Moscou aujourd’hui où il assiste à une réunion régionale avec la Russie et la Chine notamment sur l’économie à la ville d’Ekaterina.

Moussavi veut un autre vote ; pas un nouveau décompte

Et, voilà que le Conseil National de Sécurité vient tout juste d’annoncer qu’on va recompter les votes. Les partisans de Moussavi et de l’autre candidat dit "réformateur", Karrubi répondent "Non". "Il faut un nouveau vote". Motif : "le Conseil de Sécurité avait fait reproduire 53 millions bulletins de vote. 39 millions seulement ont été décomptés. Où sont passés les 14 millions autres ? Si on procède à un simple comptage des votes, on n’aura pas le bon résultat. Donc, cela ne servira à rien de recompter, il faut revoter". On nous avait aussi dit qu’il y avait 46 millions d’électeurs, pas 53 millions.

Aux dernières nouvelles, le candidat Moussavi et l’autre candidat "réformateur" Karrubi appellent leurs partisans à ne pas manifester aujourd’hui ; bref à ne pas descendre dans la rue afin d’éviter toute confrontation avec les partisans du Président Ahmadinejad et les forces de l’ordre.

La vérité, c’est que l’Iran apparaît - comme les Etats-Unis au moment de l’élection présidentielle, une société divisée. Avec cette différence que certains sont plus visibles et plus actifs sur le web que les autres. Ce qui fausse la perception, car le plus visible et le plus agité n’est pas forcément synonyme de majorité.

A suivre : l’avis d’un spécialiste sur l’enfermement psychologique des électeurs de Moussavi dans la victoire obligatoire.


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