Jérusalem. Le Pape visite les lieux saints
Comme son prédécesseur, le Pape Benoît 16 a déposé une lettre dans une fente du mur des lamentations et marqué un temps de prière.

- Comme Jean Paul 2 en 2000, Benoît 16 a déposé une lettre sur le mur des lamentations
Il s’est rendu ensuite au Dôme du Rocher avant de dire la messe dans le jardin de Getsemane ; là où la Bible nous dit que le Christ a prié avant sa crucifixion.
Au Dôme du Rocher, le Sheikh qui a pris la parole à la tribune a interpellé Israël pour ses crimes contre les enfants, les femmes et les personnes âgées en Palestine. Le Pape n’ayant pas suivi la traduction du discours qui était dit en Arabe, a salué le Sheikh à la fin du discours.

- Le Dôme du Rocher, troisième lieu saint de l’Islam après La Mecque et Médine.
Plus tard, lorsque la traduction lui a été faite de ce passage, un communiqué du Pape a indiqué que "ceci était la négation parfaite de ce qu’un dialogue devrait être". Ici et là il y a eu d’autres manifestations d’humeur. On pouvait par exemple lire ceci sur une pancarte d’un groupuscule d’individus : "Faudra-t-il justifier 6 millions de fois que l’Holocauste a eu lieu ?". Allusion au négationnisme de l’évêque Richard Williamson réhabilité par l’Eglise.
La messe du jardin de Gethsemane annonce une nouvelle alliance
On reproche à ce Pape son manque d’exubérance que l’on assimile à une certaine froideur. La comparaison est fréquente entre lui et son prédécesseur. Le Pape Jean-Paul 2 aimait les effusions de foule, il embrassait les enfants. C’était un Pape chaleureux qui aimait le contact. Benoît 16 est plus en retrait. Il est moins fusionnel. On parle de tiédeur de l’intellectuel.
Les excuses de l’Eglise pour la Shoah ou pour les propos sur Mohamet ne sont pas véritablement à l’ordre du jour. Pour qu’il y ait excuse, il faudrait déjà qu’il y ait une liberté de parole.

- A Gethsemane aujourd’hui, le Pape a symboliquement enterré le conflit Israëlo-Palestinien et annoncé le nouveau paysage politique
Ce qui est difficile, compte tenu de l’émotion qui entoure ces questions. Au fil du temps, il y a comme une sorte de fléchage sur ce qu’il convient de dire ou non. Et cela s’impose même au Pape qui est pourtant un Guide Spirituel Infaillible. En tout cas inscrit au plus près de la perfection. Imposer une censure au Pape c’est intellectuellement remettre en cause son infaillibilité. C’est un débat philosophique et théologique profond.
L’heure n’est donc pas aux excuses, ni au pardon, mais à un nouveau départ. L’heure n’est pas non plus à la repentance, mais à une nouvelle fondation. Le passé doit s’effacer pour laisser le renouveau s’installer. C’est toute la symbolique de la messe du jardin de Gethsemane où Jésus à scellé la nouvelle alliance par sa mort annoncée. Mort et Résurrection dans une autre dimension.
A Gethsemane aujourd’hui, le Pape a symboliquement enterré le conflit Israëlo-Palestinien et annoncé le nouveau paysage politique. Dans son langage d’hier, "deux peuples vivant ensemble". Deux peuples pour dire deux Etats, parce que l’Eglise parle d’abord aux peuples et aux hommes ; à travers les symboles et les paraboles.
Après, c’est vrai, la géopolitique suivra. On parlera alors de changement de paysage ou d’équilibre régional. Barack Obama a invité la semaine prochaine dans l’ordre, le Premier Ministre Israëlien Benjamin Netanyahu ; le Président Egyptien, Hosni Moubarak et le Chef de l’autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas. Pour construire ce nouvel équilibre.