Les 740 000 veuves oubliées de la Guerre d’Irak
L’enquête a été conduite dans cinq provinces Irakiennes : Bagdad, Bassora, Tameem, Najef et Nineveh. Elle a débuté l’été dernier et 1 700 femmes ont été interviewées.
Les résultats sont consternants :
1/4 des femmes interviewées n’a pas d’accès journalier à l’eau
1/3 des femmes ne peuvent pas envoyer leurs enfants à l’école
Depuis le début de la guerre, plus de la moitié des femmes avouent avoir été victimes de violences.
Les femmes sont face à des choix déchirants entre scolariser leurs enfants et bénéficier d’une couverture sociale pour la famille ou l’accès à l’énergie et à l’eau.
Dans le détail, voici les résultats de l’enquête d’Oxfam, rapportés par CNN
Pour 60 %, la sécurité est la première préoccupation
Pour plus de 40%, le sentiment d’insécurité est plus fort que l’an dernier
55% affirment avoir été victimes de violences depuis 2003, date du début de la guerre en Irak
45% de femmes affirment que leurs revenus se sont dégradés en 2008 ; plus qu’en 2007 et en 2006
69% affirment que l’accès à l’eau est plus difficile que pendant les 2 années précédentes
80% disent la même chose pour l’accès à l’électricité
Près de la moitié des femmes interviewées affirment que l’accès à une couverture sociale de qualité est plus difficile qu’au cours des deux dernières années
40% de femmes affirment que leurs enfants (garçons et filles) ne sont pas scolarisés
Oxfam est une banque alimentaire. Elle vient d’être expulsée du Soudan par le Président Soudanais Omar El-Béchir, mécontent de sa condamnation par la Cour Pénale Internationale, pour crimes de guerre et pour crimes contre l’humanité. Selon le Président Soudanais, certaines associations « ont un agenda politique et non humanitaire". D’autre part, le Président Soudanais a indiqué qu’il soupçonnait Londres de vouloir revenir au temps de la colonisation, dans ses rapports avec le Soudan.
Dans la mesure où les catastrophes humanitaires sont les conséquences directes des politiques et des conflits de pouvoir, on voit mal comment on peut dissocier l’humanitaire du politique, sauf à être aveugle.