vendredi, 24 février 2012|

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Raoul Castro s’émancipe de la tutelle de son frère

Raoul Castro a remplacé son frère, l’an dernier, à la suite des problèmes de santé que rencontre Fidel Castro. Le père de la révolution cubaine reste cependant le Leader Maximo et incontesté de Cuba. Jusqu’à hier.

Depuis l’éclatement de l’Union Soviétique et la perte de milliards de subventions de cet allié historique, Cuba connaît la crise. La fin de la guerre froide a sonné le glas du régime de Fidel Castro et la transformation du pays en ruines. L’hémorragie de l’émigration des Cubains vers l’ennemi juré, les Etats-Unis, a achevé ce processus de décadence.

Parmi les 10 personnalités remplacées hier, figurent deux emblèmes. Le Ministre des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque, 43 ans seulement est remplacé par son Ministre Délégué, Bruno Rodriguez Aprilla.

L’économiste, Carlos Lage Davila perd son poste de Secrétaire d’Etat à l’économie. Il est présent au Ministère de l’économie depuis l’entrée du pays en crise, il y a 20 ans. le Brigadier Général José Amado Ricardo Guerra le remplace.

Raoul Castro, le Chef du Conseil d’Etat, est aussi le Commander in Chief des Armées.

A la défense, à l’économie et aux affaires étrangères, ce sont désormais les hommes de Raoul qui tiennent les rênes du pouvoir. 3 postes stratégiques qui autorisent les commentateurs à dire que Raoul Castro s’émancipe de la tutelle de son frère et commence véritablement à assoir son pouvoir.

"Les avancées du Chef du Conseil de l’Etat, Raoul Castro, sont populaires tant au sein des membres du parti qu’auprès de la population. Cependant, Raoul Castro doit rester prudent dans sa marche en avant. S’il procède à trop de changements, le parti pourrait résister pour le maintien des privilèges de ses membres" (Huddleston du centre des politiques internationales à Washington). En clair, oui aux changements, à condition de ne pas toucher aux privilèges des membres du parti. Position intenable sur la durée.

 Le soutien du pétrole subventionné Vénézuélien

C’est pourquoi, le Chef du Conseil d’Etat a sollicité le soutien du Président Vénézuélien, Hugo Chavez, qui fournit Cuba en essence. Les deux hommes se sont rencontrés à la Havane, au mois de Février, pour une "visite de travail". Les spéculateurs affirment que Raoul Castro aurait demandé au Président Vénézuélien de miser sur les changements à Cuba. Bref, de les accompagner et de les soutenir. "Ils ont vraiment besoin de Hugo Chavez dans le bateau des réformes, car sans le pétrole subventionné du Vénézuéla, Cuba est mort". (Vicki Huddleston du Centre des politiques internationales de Washington - section des intérêts des Etats-Unis à la Havane sous les administrations Bill Clinton et G.W. Bush).

Selon, le directeur de cette section des Intérêts des Etats-Unis à la Havane (le programme cubain) Wayne Smith, "Le gouvernement Cubain a connu quelques bouleversements, après la révolution de 1959. Mais, celle de Lundi est la plus importante que j’ai vue depuis très longtemps, disons depuis 30-40 ans". Il ajoute que "l’économie cubaine est complètement paralysée par la crise économique mondiale" et que "Raoul Castro a donc décidé qu’il était temps pour lui de procéder à des réformes, à sa manière, sans se soucier de la caution de son frère ou des alliés de son frére".

  Vers un changement d’idéologie ?

Wayne Smith a été à la tête de la section des Intérêts des US à la Havane sous l’administration Carter. La bonne nouvelle, selon son homologue, Huddleston, serait que "ces changements pourraient augurer de la volonté du gouvernement Cubain de redonner la main à l’entrepreneuriat privé. Une expérience tentée en 1990 par Fidel Castro et que le même Fidel Castro avait stoppée".

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Fidel Castro et le Che
Le père de la Révolution Cubaine de 1959 reste le leader maximo

Une réserve pointe dans ce tableau des satisfecits, celle de Otto Reich, qui a officié au Secrétariat d’Etat aux Affaires de l’Hémisphère Nord sous l’administration Bush. Ce dernier pense qu’il "est trop tôt pour apprécier ce remaniement. Certains pensent qu’il s’agit tout simplement du remplacement des Fidélistes par les Raoulistes. L’autre volet de la question est de savoir s’il ne s’agit pas ici d’un jeu de chaises musicales dans le Titanic ?". Autrement dit, on reste dans le jeu politique, suicidaire à terme.

 Il ne faut jurer de rien

Son homologue, Larry Birns, le Directeur du Conseil des Affaires Hémisphériques pense que, tout de même "il s’agit d’un pas significatif de la part de Raoul Castro pour gagner en autonomie et pour se distancer du vieux gang de son frère, Fidel". "En d’autres termes, c’est un signe de confiance en lui qui signale qu’il exerce son pouvoir de façon indépendante". Sources CNN.

L’histoire de Cuba, comme celle des pays anciennement communiste, a démontré par le passé que tout partait du Politique et revenait au Politique. Les réserves d’Otto Reich sont fondées. Mais, comme il ne faut jurer de rien et que, de surcroît, la crise économique a invalidé tous les systèmes politiques et économiques, la reconstruction de l’ensemble aura des répercussions sur chaque pays du Monde. Y compris sur Cuba.


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